L'Inde pose ses conditions au G8 pour un accord sur le climat

Par Krittivas Mukherjee Reuters - Lundi 7 juillet, 15h40NEW DELHI (Reuters) - Aucun accord international significatif sur la lutte contre le réchauffement climatique ne pourra être conclu si l'on ne tient pas compte de la sécurité alimentaire et énergétique, a averti le Premier ministre indien Manmohan Sing, avant de se rendre au sommet annuel du G8.


Ce sujet est l'un des thèmes phares du sommet, qui s'est ouvert lundi à Toyako, station thermale du nord du Japon. Les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 tenteront notamment de s'entendre avec leurs homologues des pays à forte croissance, tels que l'Inde et la Chine, sur un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

"Le changement climatique, la sécurité énergétique et alimentaire sont liés et requièrent une approche intégrée. A nos yeux, il n'y aura pas de solution si on ne tient pas compte des impératifs de développement et des aspirations des économies en voie de développement", a déclaré Sing.

De profondes divergences subsistent au sein du G8, ainsi qu'entre pays industrialisés et pays en développement en matière de lutte contre le réchauffement, et rares sont les observateurs qui s'attendent à des avancées concrètes à Toyako.

Les pays émergents estiment qu'il revient aux pays riches d'assumer la plus grande part de la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre du nouveau plan d'action international appelé à remplacer le protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Or, les Etats-Unis exigent que le fardeau soit partagé.

Les discussions sur ce nouvel instrument sont censées se conclure à Copenhague en décembre 2009.

En tant que pays en développement, l'Inde n'est pas tenue de réduire ses émissions, au regard du protocole de Kyoto.

"Pour nous, la première priorité est l'éradication de la pauvreté, qui requiert une croissance économique rapide", a poursuivi Singh en justifiant la croissance des émissions.

La veille, le président américain George Bush avait promis d'adopter une attitude constructive sur le sujet, tout en réaffirmant qu'aucun accord ne serait possible si l'Inde et la Chine refusaient de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre.

Version française Jean-Philippe Lefief
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# Posté le lundi 07 juillet 2008 18:54

Ban Ki-moon appelle Washington à conduire la lutte contre le changement climatique

TOYAKO (Japon) (AFP) - Les Etats-Unis doivent conduire la lutte contre le changement climatique au lieu de continuer à réclamer en préalable plus d'efforts aux pays émergents comme la Chine et l'Inde, a affirmé lundi le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon dans un entretien à l'AFP.


"Je pense que les Etats-Unis devraient finir par prendre un rôle dirigeant", dans la lutte contre le changement climatique, a déclaré Ban Ki-moon, à qui il était demandé si les Etats-Unis avaient jusqu'à présent empêché l'adoption de mesures internationales pour lutter contre le réchauffement de la planète.

"C'est ce que toute la communauté internationale attend des Etats-Unis", a-t-il souligné lors de cet entretien accordé dans l'avion qui le transportait au sommet des pays industrialisés du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) à Toyako, dans le nord du Japon.

"Je pense que nous avons la technologie, les capacités financières, le consensus sur le fait que le changement climatique est réel. Ce qui manque principalement est la volonté politique", a-t-il estimé.

Les dirigeants "ont tendance à regarder leurs problèmes nationaux en premier. Ils sont très préoccupés par leurs opinions publiques nationales. Avec des ressources limitées, il peut être difficile pour les dirigeants politiques de considérer tous ces problèmes mondiaux".

Le Japon, qui préside cette année le G8, entend faire du réchauffement climatique une priorité du sommet de Toyako, même si aucune percée spectaculaire n'est attendue en la matière.

Le sommet affiche des ambitions a minima, le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda misant seulement sur la définition d'un "objectif commun", probablement non chiffré, de réduction des émissions polluantes.

Le gouvernement du président américain George W. Bush refuse toute contrainte qui ne pèserait pas aussi sur les économies émergentes.

Il considère aussi que le G8 n'est pas le cadre approprié pour parler du climat, puisqu'il n'intègre pas les grands pollueurs comme la Chine, passée au premier rang en 2007, ou l'Inde.

Au cours de l'interview, M. Ban a réfuté cet argument. "La question n'est pas de savoir qui doit être le premier et qui doit venir ensuite. Il serait au contraire souhaitable que les pays industrialisés prennent les choses en main et donnent l'exemple", a-t-il affirmé.

"Je sais que les Chinois et les Indiens sont également impliqués dans ce processus. Je trouve encourageant ce que les dirigeants chinois m'ont dit", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence de presse donnée avant l'ouverture du sommet de Toyako, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a lui aussi appelé à un engagement déterminé sur des objectifs précis de réductions des émissions polluantes.

"Il est important d'accepter le principe d'un objectif à moyen terme avant 2050", a-t-il dit. "+Envisager sérieusement+ n'est pas assez, nous avons besoin d'une décision, nous avons besoin d'un engagement sur des objectifs à long terme", a également souligné le président de la Commission européenne.

Lors de leur précédent sommet à Heiligendamm en Allemagne en juin 2007, les pays du G8 s'étaient mis d'accord pour "envisager sérieusement les décisions prises par l'Union européenne, le Canada et le Japon qui prévoient une réduction d'au moins de moitié des émissions globales (de gaz à effet de serre) d'ici 2050", sans donner cependant d'objectif chiffré commun

Par Hiroshi HIYAMA AFP - Lundi 7 juillet, 16h25
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# Posté le lundi 07 juillet 2008 18:52

Près d'un Français sur deux craint un cancer du fait de l'environnement

PARIS (AFP) - Les Français s'estiment plutôt bien informés sur les questions d'environnement, et près d'un sur deux estime courir un risque "plutôt élevé" de développer un cancer pour une raison environnementale, selon le premier "baromètre santé environnement" de l'Inpes.

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L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé a publié lundi ce premier baromètre qui veut préciser les connaissances et opinions de la population face aux risques environnementaux, dans le cadre du Plan national santé environnement mis en place en 2004.

L'enquête a été réalisée du 22 janvier au 21 mai 2007 auprès d'un échantillon représentatif de 6.007 personnes.

72,1% des Français (70,5% des hommes, et 73,6% des femmes) se disent particulièrement sensibles aux problèmes d'environnement, une sensibilité qui croît avec l'âge: 62,1% des 18-25 ans, 75,4% des 65-75 ans.

Les personnes interrogées s'estiment plutôt bien informées des effets sur la santé de certains facteurs environnementaux: la qualité de l'eau du robinet (71,3%), la pollution de l'air extérieur (69,5%), le bruit (66,1%), le monoxyde de carbone (65,1%), l'utilisation des téléphones portables (60,7%), la légionellose (57,5%), les peintures au plomb (54,7%)...

L'amiante vient au premier rang des risques considérés comme les plus élevés, avec 67,7% des personnes interrogées qui la citent. Viennent ensuite le monoxyde de carbone (48,5%), les peintures au plomb (43,1%), l'exposition au soleil (42,8%).

51,5% des personnes interrogées considérent que les risques de la téléphonie mobile sont très (14%) ou plutôt (37,5%) élevés.

Interrogées plus spécifiquement sur les maladies qu'elles craignent, 43,6% des personnes estiment courir un risque "plutôt élevé" de cancer du fait de leur environnement (38,3% : "plutôt faible"), 34,9% de troubles tels que l'anxiété, le stress ou les troubles du sommeil, 31,4% d'asthme ou d'allergies respiratoires.

Par catégorie professionnelle, les ouvriers se sentent plus à risque, 50,3% d'entre eux estimant par exemple avoir un risque élevé de cancer.

# Posté le lundi 07 juillet 2008 18:51

Embouteillages et pollution: de nouveaux péages envisagés pour les camions

BRUXELLES (AFP) - Les poids lourds pourraient un jour devoir payer des droits de péages spécifiques en Europe pour la pollution, le bruit ou les embouteillages qu'ils provoquent, si une proposition en ce sens de Bruxelles se concrétise.


"Pour l'instant, ces charges pèsent sur les épaules des contribuables", a souligné lundi un haut responsable de la Commission européenne, indiquant qu'il s'agissait "d'appliquer le principe du pollueur payeur".

Cela vaut notamment pour le transport routier, qui représente 73% du transport terrestre de fret en Europe exprimé en tonnes par kilomètres, contre seulement 17% pour le rail, et devrait atteindre en 2020 un niveau double de celui de l'an 2000.

Bruxelles va donc proposer mardi de réviser la "directive Eurovignette", une loi européenne qui, aujourd'hui, empêche que les recettes totales des péages imposés aux poids lourds de plus de 3,5 tonnes dépassent le coût de construction et d'entretien des routes.

La Commission veut permettre aux Etats, s'ils le souhaitent, d'y ajouter des charges supplémentaires pour compenser la pollution, ses effets sur la santé des populations, ou encore les délais occasionnés par les embouteillages.

Elle chiffre par exemple le coût de la pollution à 100 milliards d'euros par an dans l'UE.

Mais "il doit y avoir un calcul exact derrière", prévient le haut responsable. La Commission ne fixe pas de tarif général, elle propose seulement une "formule de calcul" prévoyant des différenciations selon le type de route ou de véhicule, le moment de la journée, etc.

L'idée: "s'assurer que les Etats puissent lever des péages qui reflètent exactement les conditions locales au moment où un camion passe à un certain endroit".

Ainsi, un poids lourd répondant à des normes de pollution plus récentes, donc plus strictes, payerait moins qu'un modèle plus ancien. Emprunter une voie périurbaine, dans les environs de laquelle habitent beaucoup de gens, serait plus coûteux que de prendre une autoroute en rase campagne.

Des péages spécifiques pourraient aussi, la nuit, sanctionner les nuisances sonores.

La Commission espère ainsi inciter à modifier les comportements.

Elle espère que les poids lourds choisiront de circuler plutôt sur des axes moins fréquentés, en dehors des heures de pointe et avec des nuisances sonores moindres. Le renouvellement du parc de poids lourds pourrait aussi être accéléré au profit de modèles plus récents, moins polluants et devant donc s'acquitter de péages moins élevés.

Bruxelles souhaite parallèlement favoriser les systèmes de péages électroniques car "ça n'a pas de sens d'agir pour réduire les congestions s'il faut s'arrêter pour payer", selon le haut responsable.

Le mécanisme prévu s'applique uniquement aux poids lourds. Mais pour les voitures particulières, "les Etats membres sont libres d'introduire des dispositions similaires", selon lui.

Reste à voir dans quelle mesure les pays de l'UE appliqueront un mécanisme qui ne sera pas obligatoire, et pourrait être très mal accueilli dans une profession déjà touchée de plein fouet par la flambée des prix pétroliers.

"L'impact mesurable sur les prix à la consommation sera marginal", assure la Commission. Elle chiffre à quelques centimes d'euro par kilomètres les coûts moyens pouvant être retenus au titre de la seule pollution.

Parallèlement à la révision de la directive eurovignette, Bruxelles proposera mardi d'autres mesures en faveur des "transports écologiques", comme par exemple une réduction de 50% du bruit produit par les trains de marchandises. La mise en oeuvre des différentes dispositions est prévue entre 2011 et 2013.

Par Sophie ESTIENNE AFP - Lundi 7 juillet, 17h56
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# Posté le lundi 07 juillet 2008 18:50

Le G-8 se divise sur la question climatique

TOYAKO, Japon - Les dirigeants du G-8 ont entamé lundi leurs travaux sur l'île japonaise d'Hokkaïdo avec une journée consacrée à l'Afrique, alors que, déjà, s'aiguisaient les oppositions sur la question climatique, sujet le plus controversé de ce sommet.


Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé les chefs d'Etat et de gouvernement japonais, américain, français, russe, allemand, canadien, britannique et italien à se fixer des objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), tandis que le président américain George W. Bush s'y refuse toujours si la Chine et l'Inde ne font pas de même.

Le G-8 doit évoquer ce dossier mercredi avec les dirigeants des pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du Sud). Pékin et New Delhi rejettent sur les pays développés la responsabilité du réchauffement climatique, alors que la Chine est en passe de devenir le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde, devant les Etats-Unis. Pékin s'est déclaré ouvert à des discussions sur des objectifs de réduction à moyen et long terme, mais, comme New Delhi, il attend que les pays développés s'engagent en premier.

"Si la Chine et l'Inde ne partagent pas les mêmes objectifs, nous ne résoudrons pas le problème", a rétorqué dimanche George W. Bush.

Il faut sortir du "cercle vicieux" consistant à dire: "je ne ferai rien si vous n'agissez pas d'abord", a plaidé M. Barroso lundi. "Si nous arrivons à un accord" entre les pays du G-8, "alors nous serons en meilleure position pour négocier avec nos partenaires chinois et indiens", a-t-il souligné. Les pays du G-8 sont à l'origine de plus de 80% des émissions de gaz à effet de serre et de 40% des rejets de CO2, selon Greenpeace, qui les appelle donc dans un communiqué à "assumer leur responsabilité".

La France souhaite que ce sommet aboutisse à un texte dans lequel les Huit prendraient "un engagement ferme et définitif" de réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Les pays émergents s'engageraient ensuite sur le même objectif de 50%, mais avec des modalités différentes. "Je ne suis pas optimiste", soupirait néanmoins Kim Carstensen, porte-parole de l'association écologiste WWF. "Montrer du doigt la Chine et l'Inde est une pauvre excuse à l'inaction du G-8", a accusé de son côté Antonio Hill, porte-parole d'Oxfam International.

Les Huit ont entamé lundi leurs discussions en rencontrant sept chefs d'Etat africains (Algérie, Tanzanie, Guana, Ethiopie, Nigeria, Afrique du Sud, Sénégal), pour évoquer les questions de l'aide au développement ou la crise alimentaire mondiale.

Plusieurs organisations humanitaires accusent certains des pays du G-8, en particulier la France, le Canada et l'Italie, de se montrer plutôt pingres dans leur aide à l'Afrique, et exhortent ces pays à augmenter cette aide. José Manuel Barroso a pour sa part annoncé que l'Union européenne comptait consacrer 1 milliard d'euros (1,6 milliard de dollars) au développement de l'agriculture dans les pays pauvres souffrant de pénuries alimentaires et de la flambée des prix.

Nicolas Sarkozy "pense" de son côté, dans un entretien publié lundi par le quotidien japonais "Yomiuri Shimbun", que le G-8 appellera à lever les limites aux exportations de produits agricoles face à la crise alimentaire mondiale.

Le G-8 d'Hokkaïdo est le premier du président russe Dimitri Medvedev, qui s'est entretenu successivement avec George W. Bush, la chancelière allemande Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown.

M. Medvedev a notamment évoqué avec M. Bush le projet de déploiement en Europe d'un bouclier antimissile américain, vivement critiqué par Moscou. "Il n'y a pas vraiment eu de progrès", a constaté Sergueï Prikhodko, un proche de M. Medvedev. Selon lui, le chef du Kremlin a prévenu son homologue américain qu'un déploiement du système en Lituanie en cas d'échec des négociations avec la Pologne "serait absolument inacceptable" pour la Russie. AP

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# Posté le lundi 07 juillet 2008 18:48